Jean Ferrat : Épilogue

Publié le par Intégrale Brassens chronologique

Jean-Ferrat1.jpgPhoto cueillie sur le site www.ferrat-expo.com/presentation.html



Manu nous envoie ce texte en hommage à Ferrat...
J'y joins celui qu'Alain Hiver nous a fait parvenir
et avant cela, cerise sur le gâteau,
circulant sur Facebook quelques jours avant le 13 mars,
La complainte de Pablo Neruda par Michel Maestro :

http://www.marievolta.com/maestro.html

Chant Michel Maestro
Choeurs Cathy Fernandez et Colombe
Arrangement et enregistrement Serge Bouzouki

En 1956, Jean ferrat signe sa première musique sur « Les yeux d'Elsa », un poème de Louis Aragon interprété par André Claveau. Puis 1958 se pointe et c'est le temps du premier 45 tours avec « Les mercenaires » ; « Ma vie, mais qu'est ce que c'est » ; « Fredo la nature » et « l'homme sandwich ». Dans ces chansons du début, la nature et l'humour sont déjà au rendez-vous. En 1961, il met en musique et interprète avec brio « La cervelle », un texte plutôt misogyne mais hilarant de Bernard Dimey. La même année sort son premier grand succès : « Ma môme », une chanson à contre-courant de la mode yéyé, celle-ci ayant déferlé des radios dès 1958. À partir de ce moment, Jean Ferrat va enchaîner les succès de « Deux enfants au soleil », 1962, à  « Complainte de Pablo Neruda », 1994. Il sera également l'un des rares avec Georges Moustaki à rendre hommage à Georges Brassens de son vivant (« À Brassens », 1964). Boris Vian (« Pauvre Boris », 1966) et Tino Rossi (« L'idole à Papa », 1969) auront eux aussi leur chanson.

Il passe de l'œuvre d'Aragon qu'il met en musique de belle façon à celle de Guy Thomas à qui il demande de lui écrire tout un disque en 1985 (« Je ne suis qu'un cri »). C'est de cette complicité que naissent 14 perles que l'on enfile l'une après l'autre pour faire un collier de mots d'une bouleversante sensibilité. « Le châtaignier », « Le cœur fragile », « Petit », « Les cerisiers »...  autant de chansons qui abordent avec authenticité et humanité des thèmes universels.

Ayant été sauvé de la barbarie nazie par des communistes pendant la seconde guerre mondiale, Jean Ferrat gardera toujours une profonde reconnaissance à ce parti sans pour autant y adhérer, voulant rester libre et indépendant. La chanson « nuit et brouillard » en 1963 rend compte avec poésie et émotion du terrible génocide des sombres années 40.  Par ailleurs, dans la chanson « Le bilan » en 1980, il évoque courageusement son désaccord avec une partie des communistes en Union Soviétique notamment. Nous devons également à cet artiste deux magnifiques créations sur le peintre impressionniste Vincent Van Gogh : « L'homme à l'oreille coupée », 1962, et « Les tournesols », 1991.

Parmi les poèmes d'Aragon, il en est un particulièrement émouvant : « Epilogue ». Il suffit de l'écouter par Jean Ferrat ou par Francesca Solleville, le frisson est garanti.

Isabelle Aubret, Alain Hiver, Trio Pasionaria, Natacha Ezdra et surtout Francesca Solleville savent mettre en valeur cette œuvre essentielle dans la « Chanson d'expression » « Celle que l'on écoute », comme l'a si joliment dit l'excellente interprète Michèle Arnaud. La rencontre Jean Ferrat / Allain Leprest a donné naissance à plusieurs musiques comme celle de « Paris-Chopin » qui figure sur le disque de Francesca Solleville sorti en 1994.

Jean Ferrat nous quitte, mais ses chansons longtemps resteront gravées dans nos cœurs.

 

Manu.


 

 

Jean-Ferrat.jpg
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Intégrale Brassens chronologique 19/03/2010 09:21


Merci Jean-Louis pour cette précision ! Marie


jean-louis zaccaron 19/03/2010 07:50


à propos de la chanson "lhomme à l'oreille coupée" les paroles sont de michelle senlis et de claude delecluse,
car on oublie souvent que pour les premières chansons jean ferrat n'était souvent que compositeur, les premiers paroliers furent en dehors de m senlis et claude delecluse :
(pierre frachet jamblan bernard dimey georges coulonges